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Tristes Temps Dans le vacarme provoqué par la mort criminelle d'une prêtresse du Dragon, l'évanouissement d'une courtisane passe pour de la coquetterie. Je mets moins de temps à prendre le contrôle, cette fois, car je suis dans un lieu connu, et que je connais la personne envahie. Je suis désolée pour elle, mais ma survie est primordiale. Les Dieux se jouent des hommes. J'ai malgré tout un peu de remords. Dés que je peux marcher, je rejoins mon ancienne chambre, où je retrouve Almine, qui me reconnaît immédiatement. Elle m'explique -trop tard- le plan machiavélique dont je suis la victime. Enragée par ce qui m'arrive, je me jette sur Almine avec un couteau, et ne m'arrête que lorsqu'elle a cessé de respirer depuis plusieurs minutes. Il ne reste plus qu'un cadavre déchiqueté lorsque l'on vient m'arrêter. Il m'est facile d'expliquer comment j'ai compris la forfaiture d'Almine envers sa maîtresse, comment je l'ai suivie jusqu'à la chambre pour venger la morte. Tout le monde sait que je l'aimais bien. On retrouve rapidement des fioles de poison dans les affaires de la servante, et je suis libre. On me donne malgré tout comme tâche de faire ramener en AVALLON les affaires des deux mortes. Je reprends donc la route avec une troupe de soldats. Mais cette tragédie mets enfin en lumière dans mon esprit la perversité du Dragon, et je commence à comprendre les paroles voilées de MERLIN, et les avertissements d'AJAX. J'invoque une excuse quelconque pour faire un détour et passer voir MERLIN. Il lui faut peu de temps pour me transformer en espionne infiltrée dans le culte, et lui fournissant des renseignements. De retour en AVALLON, j'ai du mal à masquer ma répugnance derrière une fausse bouderie pour ce que j'ai subit. Je refuse de repartir, prétextant ne pas vouloir risquer un autre coup tordu, et reste pour m'occuper du domaine. Dans l'atmosphère de conspiration qui règne, mes requêtes paraissent normales. Je peux ainsi être au courant de tout, et transmettre, grâce à AJAX, des renseignements précieux à MERLIN. Lorsque ce dernier disparaît, je ne peux plus masquer mon horreur des crimes commis tout au long de ces années, et je quitte l'île pour ne plus y revenir. Je rejoins Camelot, la ville entre les Temps, et la cour du Roi ARTHUR. Dans ce lieu spécial, nous allons passer notre temps, avec les autres Néphilims sorciers présents, à parfaire nos connaissances de la magie. Dans cette ville enchantée, tout est facile au mage. J'y reste jusqu'à la mort d'ARTHUR. Je quitte la ville avant qu'elle ne s'efface du monde humain, car je désire rester sur cette terre pour continuer de combattre nos ennemis. Je ne veux plus être un Dieu, mais je ne laisserais pas un autre commettre une telle imposture. Mon simulacre commençant à prendre de l'âge, je suis une impulsion, qui me porte à trouver le sanctuaire dont a entendu parler LILAS dans sa jeunesse. Elle se rappelle le nom du lieu : " Donnelaith ". Après de nombreux errements, et plusieurs attaques de brigands repoussées par les quelques gardes qui m'accompagnent, j'atteins le petit village de Donnelaith. C 'est une bourgade de maisons en tourbe, aux toits de chaumes, logé au fond d'un vallon caché et ainsi presque invisible dans la lande. Je suis accueillie par des femmes érudites, qui comprennent très bien ce que je suis et m'acceptent sans difficulté. Je suis âgée, et l'une d'elle se dévoue pour s'occuper de moi. Elle se nomme LLEMERYN. Elle est plutôt jeune, mais aigrie et comme désabusée. Elle m'explique qu'elle comprend très bien ce qui l'attend si elle reste près de moi lors de ma mort, et qu'elle l'accepte par avance. Je comprends qu'elle ne désire plus vivre et qu'elle s'offre à moi. Un soir de Novembre, alors qu'il gèle sur la lande, je sens comme un froid m'envahir, et j'appelle au secours. LLEMERYN accoure, et me regarde avec un regard à la fois résigné et horrifié. Elle me tient la main jusqu'au moment final. Je suis expulsée du simulacre à l'instant de la mort de celle qui fut LILAS NOHAN.
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