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La Fin d'une Epoque Prendre possession de quelqu'un que l'on estime et respecte, que l'on connaît, n'est pas facile. La difficulté ne vient plus du simulacre lui-même, bien qu'instinctivement il résiste. Non, si LLEMERYN résiste un peu, je sens bien que le cur n'y est pas. Mais c'est moi qui ai des scrupules. J'ai trop aimé les humains, depuis mon arrivée dans cette époque. Il faut que je me rappelle qui je suis, combien je leur suis supérieure. Lorsque LLEMERYN lâche prise, c'est presque avec soulagement. Je reçois alors de plein fouet toute l'amertume, la fracture que son histoire a provoquée en elle. Jamais plus je ne regarderais un humain mâle de la même manière qu'avant. Elle m'insuffle une haine, une répugnance des hommes et de leurs pulsions. Pantelante, je reste toute la nuit couchée sur le cadavre en travers duquel est tombé le simulacre. Au matin, calmée, je sors de la hutte et prends toutes les dispositions nécessaires pour le corps de LILAS, pour le souvenir de LLEMERYN, et pour mon avenir. Je ne vais pas m'étendre sur la période pendant laquelle j'ai occupé le corps de LLEMERYN. Les souvenirs sont douloureux. Cette vie n'a été qu'une longue retraite face aux forces obscurantistes et aux porteurs d'Orichalque et de croix. Même les Gardiens d'Hadès nous pourchassaient sans cesse. J'ai dû puiser dans toutes mes ressources, et même ma stase, pour nous protéger. Nous avons fui, reculé de sanctuaire en refuge, jusqu'au dernier, le Refuge ultime de BRAEMAR. C'est un endroit superbe, au pied du LOCHNAGAR. Dans des grottes creusées des siècles auparavant, le corps de LLEMERYN s'est éteint. Lui tenait la main une jeune et jolie femme nommée LUCY, formée depuis plusieurs mois à me vénérer. Elle a dû être déçue de ne pas recevoir le Don de la Prêtresse ! Comme mon simulacre mourrait, je me suis laisser partir, monter hors du corps, puis j'ai voulu me diriger vers mon futur réceptacle, lorsqu'un violent courant m'a attiré inexorablement vers un vortex qui m'a précipité dans ma stase. Je sais aujourd'hui qu'une stase vidée est un piège, qui aspire le pentacle libre dès que possible. Je ne regrette rien de ce que j'ai fait. Je ne pense pas que j'aurais pu, même en restant éveillée, changer le cours des choses. Je me suis alors enfoncée dans l'oubli.
fin des Arthuriades
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