Prêtresse du Dragon


AVALLON est un île étrange, unique, si romantique, comme féminine. Je ne suis pas surprise, cette fois, de trouver des Néphilims parmi les prêtresses. Et ici, c'est elles qui dirigent. Elles ne se cachent pas dans l'ombre. Je suis accueillie à bras ouverts par mes sœurs, en particulier DAHUT. J'ai trouvé un havre, un lieu où me ressourcer.

Durant trois ans, je vais vivre au rythme du Dragon, dans cette île hors du monde. Je suis formée (conditionnée) à intervenir dans les affaires humaines. Complots tortueux, machinations, règlements de compte. Aujourd'hui, en écrivant ce récit, je me rends compte de l'horreur des méthodes et des buts, mais alors, cela semblait si simple, manichéen. Je suis bien loin de mes idéaux divins, mais s'il faut en passer par-là...

Finalement, après avoir été jugée digne de l'honneur, je subis l'Ordalie, et je suis présentée face au Dragon lui-même. La cérémonie est dure, éprouvante, j'en reste comme choquée. Désormais, je porterais pour toujours la Marque du Dragon, l'emblème de notre Pacte avec lui. En échange, il m'a doté de pouvoirs magiques.

J'ai, depuis lors, certaines capacités particulières. Je suis capable de pointes de vitesse inimaginables, un peu comme votre héros de bande dessinée Flash, moins rapide, quand même. Je suis aussi capable de soigner certaines blessures, bien que maintenant, cela me répugne tellement d'offrir ainsi un réconfort dû au Dragon que je ne l'ai pas utilisé depuis plusieurs incarnations.

Je passe encore une dizaine d'année en AVALLON et dans les domaines proches, pour me familiariser avec les moyens employés par le Dragon. De cette période, je préfère aujourd'hui en oublier les turpitudes, assassinats et coucheries diverses. Loin de me faire progresser, ces expériences m'ont éloigné du Chemin vers mon AGARTHA.

A plusieurs reprises, je suis contactée par un ami, qui tente chaque fois de me sortir de cette secte qui emprisonne mon esprit. Ce DJINN, mon ami de TROIE, je suis heureuse de le retrouver, mais je ne comprends pas les messages qu'il me transmet de MERLIN, le Prince de son Arcane. Par loyauté, jamais je ne le dénonce à DAHUT et aux autres, bien que l'envie m'en démange.

Nous sommes maintenant en plein Interregnum, le chaos s'installe. MERLIN met au point un plan certainement aussi ingénieux que tortueux, mais trop lent pour nous. Il est décidé que je dois partir pour la cour d'un prétendant au trône dont j'ai oublié le nom, et tenter de devenir sa conseillère occulte. Je suis accompagnée d'Almine, une jeune recrue humaine fanatique du Dragon, qui me sert de servante et -en cas de malheur- de simulacre de secours.

Les prêtresses ont un esprit extrêmement tortueux, et ont pensé qu'il serait bon que je prenne comme simulacre la propre femme du roi. Cette technique me fait peur, elles le savent. C'est pourquoi je ne suis pas mise au courant du plan. Un soir à la veillée, alors que, en compagnie de la reine, nous racontons ensemble des histoires et des légendes, Almine me verse un poison létal dans mon breuvage. Je sombre rapidement dans une somnolence qui finit par la mort de mon simulacre.

Ejectée, désemparée -c'est la première fois que je me retrouve ainsi, disons naturellement, hors de mon simulacre-, je vois plusieurs Ka-soleils. Le plus proche est fort, peut-être trop fort -j'ai été mise en garde- (il s'agit de la reine). Je le contourne pour éviter les risques, et m'introduit dans le Ka-soleil plus sage et moins brillant d'une Dame de Compagnie qui nous faisait la lecture.

Lilas NOHAN