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Réveil Féminin
Je m'attends à voir un temple ou une maison claire et fraîche en pierre, enfin, un lieu connu. Lorsque j'ouvre mes nouveaux yeux, je suis dans une sorte de crypte sombre, froide, enfumée. Les meubles, les objets (des livres, des fioles et des candélabres, ainsi que je le saurais assez vite) me sont inconnus. Même les champs autour de moi sont différents. Plus forts, mais aussi plus dur, plus froids, et comme secoués. Une nouvelle fois, j'ai mis le pied dans un monde inconnu, un nouveau monde inventé par les humains. Je hurle d'horreur. Comme chaque fois, j'ai des difficultés à prendre le contrôle de ce corps, qui s'écroule, comme une marionnette cassée. Je me sens portée, par des bras forts. Un humain mâle. Une odeur indéfinissable, forte, mais agréable. Une douce chaleur m'endort. Je me réveille sur une couche moelleuse, dans une chambre couverte de tapisseries. Deux humains entrent dans la pièce, et m'interroge. J'ai du mal à comprendre leur langue, et puise dans les souvenirs de mon simulacre. Je refais peu à peu surface. Le moins jeune des humains me fait boire un breuvage chaud et agréable. Je me rendors. Réveillée au milieu de la nuit, je passe en revue ce nouveau corps et ses connaissances. Je prends conscience des années passées dans ma stase et du fossé de temps et d'espace qui me sépare de mon précédent éveil. Au matin, je contrôle parfaitement la situation. Toutefois, mon simulacre ne connaissant aucun de mes frères, je décide de me glisser dans la peau de la jeune enchanteresse pour un temps. Les jours suivants furent une suite de découvertes intéressantes. La magie pratiquée par mon simulacre et son maître sont proches de mes connaissances, et je la maîtrise rapidement (trop vite, en fait, pour passer inaperçue). La campagne bretonne est surprenante. Un peu froide et humide, mais verte, fraîche et vivante. Mon corps aussi est une bénédiction. Rapide, vif, précis, intelligent, une arme incroyable. Même l'amour en tant qu'humaine est différent, agréable. Archibald, en tout cas, est enchanté.
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